Samedi, 07 Déc 2019
Vous êtes ici :     Accueil Construire, rénover, aménager S'installer à Roeschwoog Les lotissements
Les lotissements PDF Imprimer

 

Roeschwoog au Moyen Âge

Agnieszka KOZIOL a tenu à la Médiathèque de Roeschwoog, une intéressante conférence sur le résultat des fouilles archéologiques menées en 2010. Un village des VIIe – Xe siècles avec une nécropole de 40 tombes datant des époques mérovingiennes et carolingiennes y avaient été découverts.

Plus de 80 habitants de la commune et de passionnés d’archéologie ont suivi avec intérêt la présentation de Mme KOZIOL, qui avec son équipe d’archéologues du PAIR (Pôle d’Archéologie Interdépartemental Rhénan) avaient réalisé des fouilles au sud du village actuel de Roeschwoog.

Souhaitant réaliser un lotissement d’habitation et de service au début des années 2000, la commune avait, comme l’exige la loi, fait réaliser des sondages archéologiques aux lieux-dits Wasserturm et Immenlach.

Trois zones avaient été identifiées comme contenant des vestiges archéologiques. Le conseil municipal dirigé à l’époque par le Maire Jean Lorentz avait alors décidé d’engager des fouilles afin de libérer le terrain pour assurer un urbanisme cohérent au nouveau lotissement. Le coût de l’opération s’est élevé à plus de 270 000 € HT, payés par la commune qui a obtenu quelques subventions.

L’équipe d’archéologues après avoir fait décaper le terrain a travaillé sur le site en utilisant les techniques traditionnelles mais aussi la détection magnétique. Pendant plusieurs mois les objets découverts ont fait l’objet de classifications et d’analyses, comme par exemple les datations au carbone 14 mais aussi des tests sur l’ADN fossile des squelettes afin notamment d’estimer les liens de parenté.

L’habitat identifié comprenait une dizaine de bâtiments datés du VIIe au IXe siècle dont certains s’étendaient sur 60 m². Construits en bois il ne restait plus que les trous laissés par les poteaux. Les études concernant d’autres peuplements de la même époque permettent d’estimer qu’il s’agissait de bâtiments en bois avec de grands toits pentus. Des traces d’autres bâtiments plus petits ont été découvertes ; il s’agissait de garde-manger ou d’ateliers.

Le village s’étendait sur une superficie plus grande que celles des fouilles. Selon toute vraisemblance il se poursuivait sur l’emprise actuelle de la RD 468 et de sa piste cyclable où aucune fouille archéologique n’a été réalisée. En effet de l’autre côté de la route avait été mis au jour en 1995, un habitat de la même époque comprenant notamment un four à chaux qui était le premier du genre découvert en Alsace.

Sur le site fouillé en 2010, les éléments découverts ont permis de constater que la nourriture était riche et variée. Chevaux, bœufs, moutons, porcs et poules étaient déjà élevés. Les habitants se nourrissaient aussi de fèves et de céréales.

Un puits de 4 mètres de profondeur avec au fond de belles cruches intactes a aussi été découvert. Près de 13000 tessons en céramique on été récoltés sur le site. Il est aussi permis de penser qu’une activité métallurgique existait au haut Moyen Âge à cet endroit.

A côté de cet habitat existait un chenal qui a également été analysé.

Il s’agissait d’un bras d’eau qui était connecté au Rhin il y a plus de 3000 ans. Il s’est par la suite comblé et est devenu un marécage bordé de roseaux, avant d’être remis en eau pour finalement s’assécher. A partir de 800 avant Jésus-Christ des traces évidentes d’agriculture à sa proximité ont pu être attestées.

De l’autre côté de ce chenal a été découvert la nécropole de 40 tombes qui fut quant à elle utilisée de la fin du VIe au Xe siècle. Les chambres funéraires ou les simples tombes étaient cependant très proches du sol naturel actuel, à 60 cm de profondeur à peine. Outre les pillages fréquents au haut Moyen Âge, cette proximité n’a pas permis de découvrir toutes les sépultures qui auraient existé. Ainsi un tumulus a été identifié sans que la tombe principale ne soit découverte.

Les tests ADN réalisés sur les squelettes ont permis de trouver des parentés et ont surtout permis de conclure que la société de l’époque était patrilocale, les femmes provenant principalement d’autres villages.

Les habitants avaient une taille comparable à celle de nos contemporains et vivaient pour certains jusqu’à plus de 60 ans, mais la mortalité infantile comme pour toutes les civilisations de ces époques était très élevée.

Plusieurs objets ont été découverts dans les sépultures : des armes (couteaux, scramasaxe,…) des parures (colliers de perles, boucles de ceintures, épingles à cheveux, …), des céramiques et aussi des œufs symbole des croyances.

Aucune trace ne permet de penser que cette nécropole qui a été utilisée jusqu’au Xe siècle, ait accueillie une population christianisée.

 

Pièce-jointe:
Téléchargez ce fichier (roeschwoog_1.pdf)roeschwoog_1.pdf[ ]1957 Kb
Téléchargez ce fichier (roeschwoog_2.pdf)roeschwoog_2.pdf[ ]1817 Kb
Téléchargez ce fichier (roeschwoog_3.pdf)roeschwoog_3.pdf[ ]1297 Kb
Téléchargez ce fichier (roeschwoog_4.pdf)roeschwoog_4.pdf[ ]1016 Kb
Téléchargez ce fichier (roeschwoog_5.pdf)roeschwoog_5.pdf[ ]1554 Kb
 

Actualités

.

 
.